Tout savoir sur la campagne « Ceci n’est pas un cintre »

Tout savoir sur la campagne « Ceci n’est pas un cintre »

Le 28 septembre est la Journée internationale du droit à l’avortement. À cette occasion, le planning familial a envahi les réseaux sociaux avec le hashtag « Ceci n’est pas un cintre ». Mais quel est le but de cette campagne ? Entre les pays où le droit à l’IVG n’est pas acquis, ceux où il recule et ceux où son acceptation n’est que légale, le slogan « Mon corps, mon choix » doit encore et toujours se faire entendre ! Parce qu’il s’agit d’un droit fondamental, qui n’est jamais fait de gaieté de cœur, et qui n’appartient qu’à celles qui sont concernées. Focus sur cette campagne, ses origines, et le droit à l’avortement dans le monde. 

D’où vient la campagne « Ceci n’est pas un cintre » ?

campagne ceci n'est pas un cintre  

Lancée en 2016 par le planning familial, la campagne « Ceci n’est pas un cintre » a pour but de dénoncer les risques de l’interruption volontaire de grossesse clandestine. Dans de trop nombreux pays, l’IVG est encore illégale, ce qui ne signifie pas que les femmes n’y ont pas recours ! Cela entraîne simplement des conditions dangereuses qui mettent des vies en danger. La campagne revendique la liberté des femmes à disposer de leur corps, en publiant des photos de femmes et d’hommes brandissant un cintre. L’enjeu est de lutter contre la désinformation.

Saviez-vous que de nombreux sites anti-IVG, sous une apparence honnête de site informatif, cherchent en réalité à culpabiliser les femmes et à les dissuader pour qu’elles mènent leur grossesse à terme. Derrière ces sites malheureusement très bien référencés par les moteurs de recherche, on retrouve des mouvements pro-vie. L’un des noms les plus connus du grand public est celui d’un médecin retraité très actif dans la lutte anti-choix : Xavier Dor. C’est pourquoi la campagne « Ceci n’est pas un cintre » a autant d’importance. Les personnes en quête d’information sur le sujet, parfois vulnérables à cause de son importance, méritent d’obtenir de vraies réponses. Parce que décider d’avorter, c’est une décision pas toujours évidente, qui ne devrait être prise que par les personnes concernées. Loin de toute propagande, qu’elle soit politique ou religieuse. Parce que parfois ça n’est pas le bon moment, parce que les circonstances de cette grossesse peuvent être dramatiques… Tout simplement parce que : Mon corps, mon choix ! 

Le cintre comme symbole du droit à l’avortement

Le titre de la campagne « Ceci n’est pas un cintre », lui, est directement inspiré du célèbre tableau de René Magritte, « Ceci n’est pas une pipe », issu de la série « La trahison des images ». À l’instar des aiguilles à tricoter, le cintre est un objet du quotidien détourné de sa fonction pour mettre fin à une grossesse inopportune. Il est le symbole de l’interruption volontaire de grossesse illégale. En France, avant la légalisation du droit à l’avortement (merci Simone Veil !), les femmes utilisaient des cintres et des aiguilles à tricoter pour pratiquer des avortements clandestins. Faute d’une IVG réalisée dans des conditions médicales correctes, et d’un suivi médical adapté, une femme meurt toutes les neuf minutes des suites d’un avortement clandestin ! Qu’elles utilisent un cintre, des aiguilles ou n’importe quel objet capable de faire le job. Seules face à ce geste, seules face à l’incompréhension d’une société qui juge et qui punit. 

Le droit à l’avortement dans le monde 

campagne en faveur du droit ivg
@Source HUANG Zheng Shutterstock.com

« Ceci n’est pas un cintre » a été une occasion de mettre en lumière l’inégalité du droit à l’avortement dans le monde.
En France, l’interruption volontaire de grossesse n’est plus illégale depuis la loi Veil de 1975. Autour de cette date gravitent des événements marquants pour l’histoire des femmes et du droit à l’avortement, comme le procès de Bobigny porté par la célèbre Gisèle Halimi et le Manifeste des 43 salopes (une tribune publiée dans la presse où 43 femmes renommées ont revendiqué avoir eu recours à l’avortement). Aujourd’hui, s’il est légal, l’IVG reste encore majoritairement illégitime. Les femmes y ayant recours sont trop souvent jugées par le corps médical comme par l’entourage ou la société. Besoin de soutien ou de conseils ? Tournez-vous vers le planning familial ! 

Aux États-Unis, le 24 juin 2022, la Cour Suprême est revenue sur le droit à l’avortement, devenant ainsi l’un des quatre pays à faire marche arrière au cours des deux dernières décennies. 

Si le droit des femmes et celui à l’IVG sont beaucoup trop menacés, voire inexistants par endroits, quelques efforts sont consentis. Impossible cependant de savoir si c’est l’influence de « Ceci n’est pas un cintre » ou si les mentalités évoluent.
Au Mexique, en Colombie, en Corée du Sud ou en Thaïlande, les choses bougent. À l’inverse, l’Afrique, l’Asie du Sud-Est et l’Amérique latine restent des continents majoritairement hostiles à l’avortement.
Sur le continent européen, seuls Andorre, Malte et le Vatican interdisent totalement l’avortement. 

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